La création musicale

Petite réflexion sous forme d’images sur l’étendue de la création musicale…

La création musicale, c’est quoi? À la recherche de la nouvelle popstar académie, J.-J. Goldman et la clique des Enfoirés, les Beatles et les Pixies, Tom Waits et PJ Harvey, Peter Hammill et Ziskakan? Jusqu’où s’étend cette chose pas vraiment définissable que j’ai nommé ici création musicale?

Pendant longtemps, j’ai cru qu’il s’agissait de ceci:

Illustration: vision classique de la création musicale, focalisée sur les artistes plus ou moins médiatisés, mais inclus dans le marché de la musique.

C’est à dire quelque chose de partagé entre d’une part les artistes médiatisés ou fortement médiatisés, et d’autre part les “purs et durs”, les artistes indépendants. Parmi les purs et durs, on peut encore tracer en pointillés une ligne entre les indépendants qui vivent de leur art, et ceux qui triment aux marges du marché de la musique.

Seulement voilà, on oublie une chose: la plupart des artistes dits indépendants par les bacs de la FNAC sont des artistes médiatisés. La couverture médiatique dont ils disposent n’est pas énorme, mais elle suffit généralement à leur permettre d’investir les niches du marché laissées disponibles, c’est à dire de rencontrer les fans de musique dont les besoins ne sont pas comblés par les artistes fortement médiatisés. Finalement, la différence entre les artistes fortement médiatisés, pour la plupart signés par une Major de la musique, et les artistes dits indépendants, est une simple question d’échelle. Marché global ou marché de niche.

On oublie alors l’extrême diversité de tous les autres artistes, ceux qui se trouvent aux marges du marché, ne vivant pas de leur production musicale. On oublie qu’on y trouve une très grande diversité de profils, de compétences musicales, d’attentes, de stratégies… Et surtout on oublie que tous ces artistes créent tout autant si ce n’est plus que ceux pleinement insérés dans le marché de la musique. Du coup, une représentation plus fidèle serait plutôt:

Illustration: vision élargie de la création musicale, prenant mieux en compte la part de la création se produisant aux marges du marché de la musique.

Si vous ne connaissez rien de ces artistes dans les marges, je vous invite à découvrir Talking Cure, Dana Hilliot, sam, Thierry Blanchard, et bien d’autres encore, sur des sites proposant le téléchargement gratuit (et légal!) de tout ou partie de leurs œuvres. Par exemple sur Musique-Libre.org ou Jamendo.

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Commentaires pour cet article

sonic
Le 13 mai 2006 à 21h45

vu que j’ai pas réussi à faire de trackback, je laisse mon message ci-dessous: Pour avoir été un grand consommateur de musique dite indépendante, je peux témoigner que le modèle économique «indépendant» correspond en fait à une réponse à un besoin de consommation de signes: Ceux-lui d’une population qui intellectuellement pense devoir et pouvoir se distinguer de la masse. Ces "rebels" reproduisent en fait, à une échelle certes moindre, exactement les mêmes mécanismes que les majors: pub, copinage avec les médias.. phénomène de nouveautés du moment.. le truc qu’il faut écouter (ou gerber..). Bref, une économie de branchouille qui s’adresse à une certaine population, un petit peu comme les différentes gammes de lessive.. La lessive premier prix pour les gueux, la lessive haute gamme pour quelques autres… Je reprends bien sûr à dessein le vocabulaire cynique de ces professionnels du marketing

Bien sûr, ces deux sphères (majors, indépendants) produisent parfois des artistes très intéressants.. Et c’est la que le bât blesse, ces artistes "collabos" permettent en effet à ce système de tenir (voir de le renforcer), en le légitimant: combien de fois ai-je entendu "vous ne pouvez pas jugez un artiste sur son mode de production et de diffusion!". En effet, pour les défenseurs du système, on ne peut bien sûr pas critiquer les indépendants, qui ne le sont en fait de rien du tout: leur circuit de distribution emprunte les mêmes formes et les mêmes enseignes que ceux des produits non indépendants… Une loi comme la Dadvsi n’aurait jamais été à l’ordre du jour si les majors n’étaient pas si sûr du pouvoir qui est le leur actuellement.. Celui de pouvoir imposer a peu prêt n’importe quoi.. Il y a 30 ans, l’industrie culturelle ne s’offusquait pas tant que ça de la copie privé, car elle n’était pas si sûr de sa capacité à pouvoir imposer n’importe qu’elle artiste.. La société de conversation, la copie étaient donc nécessaire afin d’imposer leur force de nuisance. A titre d’exemple, Microsoft voyait officieusement d’un très bon œil que tout le monde copie et utiliser en privé un logiciel tel que Word, les salariés des entreprises étaient donc déjà formés: c’est toujours un bon point si l’on considère la permanente recherche d’efficience d’une entreprise..

Florent V.
Le 13 mai 2006 à 23h55

Pour les trackbacks ce n’est pas la première fois qu’on me le dit, il faudra que j’examine ce problème.

Maintenant, le vif du sujet: mon propos est bien de dire que la différence entre les artistes dits indépendants et ceux signés par les Majors est plus une question d’échelle et de cible commerciale qu’une différence dans l’organisation même de leur activité. Marché de masse et marché de niche, donc.

Par contre, je ne vois pas l’intérêt de condamner moralement les entreprises du marché de la musique (Majors, petits et gros labels) et les artistes qui ont recours aux services de ces entreprises. Au fond, qu’est-ce que cela change? Il n’y a aucune situation "pure" pour un artiste, et réfléchir en termes de compromission me semble clairement être un positionnement idéologique sans fondement solide. Mais je peux me tromper…

Je pense que ceux qui cherchent une musique "légitime" et "sans compromissions" et qui se tournent vers la musique libre pour cela, déçus du marché des "indépendants", oublient au passage d’en tirer un enseignement.

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