Vendre de la musique sans bridages techniques

Entre décembre et mars 2006, eMusic est passé selon NPD Group de 6 % à 12 % de parts de marché aux Etats-Unis, tandis que iTunes et ses DRM perdait sept points en passant de 68 % à 61 %. (source)

Quelles différences entre eMusic et iTunes?

  • eMusic vend de la musique sans bridage technique (DRM, ou MTP: mesure technique de protection);
  • par conséquent, les quatre Majors refusent de céder leur catalogue à eMusic.

Est-ce un plébiscite pour les artistes indépendants (la «cinquième Major»), ou bien un rejet des DRM? À titre personnel, j’espère qu’il s’agit des deux à la fois, et que la tendance va s’amplifier.

Yahoo! Music vend une chanson sans DRM

Toujours dans le même article de Guillaume Champeau (Ratiatum), on apprend qu’après avoir publiquement incité les Majors de la musique à abandonner les mesures techniques de protection, Yahoo! Music lance une vente-test.

Le titre vendu est une chanson de Jessica Simpson, en MP3 «personnalisé» (l’acheteur peut faire inclure son prénom dans la chanson[1]) sans DRM.

Le seul hic? Le prix un poil trop élevé, à 1,99$. Je suppose que la personnalisation a un coût, et que sans celle-ci le prix tomberait plutôt dans les 1,49$. Ce qui reste encore un peu cher.

À l’heure actuelle, la plupart de la musique numérisée est vendue:

  • avec des bridages techniques;
  • dans un format de basse ou moyenne qualité (lossy, avec pertes);
  • pour un prix de 0,99$ ou 0,99€ (le deuxième étant plus cher, mine de rien).

Pour ma part, je considère que le prix de un euro ou un dollar (pour peu que ces deux devises ne s’écartent pas trop fortement) est raisonable. Mais pour ce prix, qui sans être prohibitif n’est tout de même pas donné, j’estime avoir droit à un produit de qualité. Ce qui implique:

  • aucun bridage technique de quelque sorte que ce soit;
  • choix du format d’achat, et possibilité de télécharger au moins une seconde fois le morceau ou l’album, pour palier à l’épée de Damoclès de la perte de données;
  • la liste des formats propose au moins un format ouvert et sans pertes (lossless, par exemple du FLAC).

Je ne pense pas trop demander. Il y a quelques années encore, une telle demande était difficile à remplir pour le prix de un euro. Aujourd’hui, c’est tout à fait possible. À vrai dire, le principal facteur bloquant est le refus des Majors de vendre de la musique sans DRM, ce qui réduit le choix des formats à l’achat aux formats fermés et non interopérables d’Apple et de Microsoft.
Mais les plateformes indépendantes ont déjà une offre très convenable. Il ne leur manque plus que le lossless pour pouvoir me compter parmi leurs clients.

Notes

[1] Un peu comme les tasses avec son prénom dessus: une liste de deux ou trois-cent prénoms est disponible, et d’autres devraient être rajoutés par la suite.

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