J’étais passé complètement à côté au printemps (pour la veille sectorielle, je pourrai repasser!), mais le succès du site/réseau social MySpace, d’abord très anglo-saxon, a fini par s’imposer même en France.
Voici quelques réflexions personnelles sur ce service.

Un succès loin d’être spontané
D’abord, je pense qu’il est nécessaire de rappeler qu’il n’y a pas de «phénomène» MySpace, au sens où il y aurait eu un engouement spontané pour un petit service web innovant, engouement tel que Rupert Murdoch[1], constatant le potentiel de ce site, l’aurait alors racheté.
Il faut savoir que MySpace est un service web créé par Xdrive, une société spécialisée dans la publicité en ligne et qui gère un certain nombre de sites plus ou moins «communautaires», soit autant de supports de publicité – et si possible de publicité ciblée, la plus lucrative. Le lancement de MySpace s’est accompagné d’une campagne marketing intense, dont le cœur a été le réseau géré par Xdrive. On trouvera quelques informations à ce sujet dans l’article suivant (en anglais), mais j’avais lu à ce sujet un article plus complet, dont j’ai malheureusement perdu la référence. Si quelqu’un l’a sous la main…
Quelques aspects intéressants
MySpace a néanmoins certains aspects innovants:
- Premièrement, il facilite particulièrement la création de liens entre diverses pages MySpace, via le système des «amis». À la différence des blogs «classique» ou les liens vers d’autres blogs sont relégués en périphérie du blog (dans une colonne à droite, par exemple), les «amis» d’un utilisateur MySpace sont visibles, avec une photo ou illustration et leur nom d’utilisateur, dans le corps même de la page de l’utilisateur. MySpace met donc particulièrement en avant l’aspect réseau social… et vise avant tout un public adolescent, friand de ce genre de «mises en relation».
- Deuxièmement, l’aggrégation de plusieurs services (présentation générale, blog, écoute d’extraits musicaux) en a fait très vite un site incontournable pour les musiciens, tout genre confondu. Pour beaucoup, leur page MySpace devient leur principal site vitrine.
- Troisièmement, et c’est là que je vois une évolution vraiment intéressante, les morceaux en écoute sur MySpace (directement depuis la page de l’artiste) sont la plupart du temps des morceaux complets. Voilà qui nous change des extraits de vingt ou trente secondes! De plus, il est également possible de les proposer au téléchargement.
Bien sûr, ce dernier aspect n’a rien de révolutionnaire. On est encore loin de l’innovation fondamentale que représente, sur le marché de la musique, la libre diffusion[2] Malgré tout, des artistes indépendants ou non, jusqu’ici frileux, acceptent maintenant de mettre en écoute complète plusieurs de leur titres, voire de les proposer au téléchargement. Tout simplement, ils se sont rendus compte que c’est dans leur intérêt, surtout lorsqu’ils n’ont pas la possibilité de diffuser leur musique dans les médias (radios, télévision)!
Un groupe comme Marillion[3], par exemple, avait jusqu’ici refusé les écoutes complètes de leurs morceaux, même sur leur propre site web (où l’on ne trouve que de courts extraits). Par contre, sur leur page MySpace, on peut non seulement écouter plusieurs titres complets, dont la chanson Neverland et ses dix minutes (que je vous conseille, au passage), mais également télécharger certains titres[4]. Ce n’est pas une révolution, mais la simple idée qu’en donner plus au public n’est pas incompatible avec le commerce de la musique – bien au contraire – continue à faire son chemin. Et l’application radicale de cette idée c’est, au delà du téléchargement gratuit de quelques titres ou de tout un album, la libre diffusion qui favorise la dissémination de la musique…
Conclusion: un service à surveiller
MySpace est donc à surveiller de près, d’autant plus que la possibilité pour les artistes inscrits d’y vendre directement leur musique (sans DRM) devrait faire son apparition prochainement.
Récemment, MySpace est sorti dans plusieurs versions régionalisées, dont une version française (en phase BETA, bien sûr). La concurrence avec Skyblog, autre réseau social (de blogs, cette fois) visant les adolescents, risque d’être rude!:D
Notes
[1] Le patron de News Corporation.
[2] Je pense que l’on peut affirmer, en ce qui concerne la musique, que la libre diffusion représente une des innovations fondamentales les plus significatives de ces dernières années.
[3] Groupe britannique disposant d’une fan-base non négligeable mais vieillissante, et snobés – comme beaucoup d’autres – par les médias et la presse musicale.
[4] On remarquera juste qu’il manque des tags ID3, qu’il faudra éditer à la main.




Commentaires pour cet article
Florent V.
Le 24 novembre 2006 à 15h37
Ce billet attirant les spammeurs de manière régulière, j’ai choisi de le fermer. Désolé. Florent
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