Serais-je un bon prosélyte?

L’année dernière, au cours de débats sur le site de promotion des logiciels libres Framasoft, je suggérais les termes «libre diffusion» pour décrire les licences Creative Commons, ou autres licences permettant au minimum une diffusion non commerciale décentralisée des œuvres. Le but de la manœuvre était double:

  1. clarifier les définitions et les positions, afin d’éviter des débats stériles du style «Creative Commons ça pue c’est pas libre»[1];
  2. proposer un terme moins «dogmatique» que «Culture Libre» ou «Musique Libre», surtout lorsqu’il s’agit de décrire les outils juridiques qui les accompagnent (les licences de libre diffusion, donc).

Quelques mois plus tard, je publiais un article repris sur la Tribune Libre de Framasoft, intitulé «Une histoire de mots: culture libre et libre diffusion», pour exposer et – si possible – propager ces idées.

Automne 2006: les termes «libre diffusion» sont de plus en plus utilisés. Mon article était publié sur Framasoft le 1er juin 2006, et les termes «libre diffusion» apparaissent dans l’article «Culture libre» sur Wikipédia à partir du 30 juin 2006. L’association Musique Libre – qui anime le site Dogmazic – l’utilise pour sa communication, et la page des définitions du festival Diffuz de Montpellier (ça commence demain!) l’utilise également, et donne même une définition de «la libre diffusion».

Serais-je donc un bon prosélyte?

Au fait, d’où vient l’expression?

J’ai peut-être participé à promouvoir la «libre diffusion», mais je suis loin d’avoir inventé ce terme. À vrai dire, je ne sais pas trop à qui en attribuer la paternité, si seulement c’est possible. Le groupe de «rock libre» Godon l’utilisait conjointement à «musique libre», au moins à partir de 2005. En sont-ils les «inventeurs»? On peut en douter. Car j’ai un candidat plus sérieux: Bernard Lang, de l’INRIA, qui proposait dès juillet 1997 une Licence de Libre Diffusion des Documents.

Mais il pourrait très bien, lui aussi, avoir repiqué le terme à un autre.;)

Notes

[1] À vrai dire, ce genre de précision n’est pas inutile dans le cadre d’un projet de logiciel libre, les diverses licences Creative Commons n’étant pas adaptées aux logiciels, mais l’animosité qui accompagne ce genre de débat, elle, est stérile.

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Commentaires pour cet article

Patrick B.
Le 20 octobre 2006 à 16h43

euh… le buzz est bon, mais le nerf de la guerre, c’est le dépot inpi…

dana hilliot
Le 8 novembre 2006 à 14h22

Oui, c’est chouette de voir comment un concept se dissémine:) Quand tu l’as avancé c’était dans un contexte de polémique, et si je me souviens bien, c’est d’une certaine manière grâce à ce concept que nous avons commencé à dialoguer mon ami! La vitalité d’un concept se mesure à ses effets: je lance pour ma part régulièrement de tels concepts, mais je ne crois pas qu’il y en ait un qui ait vraiment réussi jusqu’à présent:) C’est aussi et surtout un signifiant qui focalise ou charrie d’autres signifiants, toute une communauté de pensée, de pratiques, de personnes et d’objets (par exemple: des disques, des enregistrements, des sites web). Plus tard, il y aura peut-être un mémoire de maïtrise portant sur: "le concept de libre diffusion: comment un collectif se crée en référence à un signifiant", etc.. Evidemment, il ne faut pas trop s’attacher à la paternité de ce concept. Rien n’est plus facile à détourner qu’un signifiant. Enfin moi quand je l’emploie j’essaie de toujours rappeler d’où il vient (c’est-à-dire de toi:)

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