La politique fait son show à la conférence Le Web 3

En début de semaine, se tenait la conférence Le Web 3, conférence autour du Web 2.0, des blogs, etc., réunissant blogueurs, entrepreneurs branchés (sur le Web, forcément) et investisseurs. Pour ma part, je n’y étais pas, vu que je ne tombe dans aucune de ces catégories (ah si tiens, j’ai un blog… hum…). À vrai dire, je ne savais même pas qu’une telle conférence était organisée avant d’en lire quelques compte-rendus sur le blog de Cédric.

La conférence, tenue sur deux jours, était organisée par Loïc Le Meur, le médiatique dirigeant pour l’Europe de Six Apart (hébergeur de blogs). Loïc Le Meur, qui a déjà affiché son soutien public à Nicolas Sarkozy (c’est la mode, semble-t-il). Pourquoi pas, après tout, il prend position comme il l’entend sur son blog personnel, d’autant plus qu’il n’a jamais prétendu être journaliste.

Le problème, c’est quand le programme d’une conférence payante drainant mille personnes des quatre coins d’Europe voire du monde (60% de Français, 25% de Britanniques, etc.) est chamboulé pour y caser trois interventions d’hommes politiques. Dans l’ordre d’apparition:

  • Shimon Peres;
  • François Bayrou;
  • Nicolas Sarkozy.

L’intervention de Peres a été jugée intéressante. Celle de Bayrou assez fade. Et celle de Sarkozy, peu respectueuse: arrivée en trombe (avec les caméras qui vont bien et les journalistes qui squattent d’un coup la salle), discours lu sur des fiches, départ aussi sec sans répondre à des questions.

Hors l’attitude de Nicolas Sarkozy (je vous laisse fouiller la blogosphère pour trouver des commentaires à ce sujet… n’étant pas sur les lieux, je n’ai rien à en dire), c’est surtout le principe qui dérange: sans avertissement préalable, on a bousculé le programme d’une conférence payante pour caser des interventions politiques par des personnes qui, manifestement, sont loin de maitriser les enjeux discutés lors de ladite conférence.

Benjamin Ferran fait une synthèse pour l’Expansion, avec tous les liens qui vont bien (et que j’ai la flemme d’aller chercher moi-même).

Vous voici à la fin de cet article. Ne manquez pas les prochains articles sur Covert Prestige, pensez à vous abonner!

Commentaires pour cet article

Cédric
Le 16 décembre 2006 à 13h27

A vrai dire, si on considère juste le fond du discours de Sarkozy, je pense que la partie de son programme plus ou moins liée à Internet est vraiment intéressante.

Son discours me semblait en tout cas plus clair que celui de Bayrou par exemple.

Florent V.
Le 16 décembre 2006 à 17h00

Quitte à me faire communiquer un point de programme mis sur pied par un autre, j’aurais préféré avoir le conseiller de Sarkozy à la tribune sur ce point. M. Sarkozy, qui a eu l’honnêteté d’avouer qu’il n’utilisait pas l’informatique (et encore moins Internet), s’est par exemple montré d’une bêtise et d’un autoritarisme crasse sur la question de la loi DADVSI. Il serait certes dommage de s’arrêter sur un seul exemple concret, mais cela relativise déjà les belles idées de son discours, à mon sens.

Par ailleurs, et là ça n’a rien à voir avec ce billet, quand bien même M. Sarkozy serait sincèrement un champion de l’innovation dans ce secteur, je doute qu’il soit le meilleur garant des libertés numériques des citoyens (dont la loi DADVSI n’a abordé que quelques aspects), ou le meilleur promoteur de l’Internet comme vecteur – toutes proportions gardées – de progression sociale.

Je dois avouer que mon sentiment sur le personnage est loin d’être bon. À l’opposé de mon sentiment sur Bayrou, d’ailleurs.

Mais la campagne est encore longue…

pinballyoda
Le 3 janvier 2007 à 19h18

De toutes façons, je ne pense pas que Bayrou ou Sarkozy soient venus pour parler d’internet, mais plutot pour qu’on parle d’eux: ils sont en campagne electorale et leur but est de d’être present le plus souvent possible dans le plus de medias possible. De plus les electeurs lambda n’ont aucune idée de ce qu’est la "société numerique", la preuve: avec des citoyens bien informés le gouvernement aurait pu tomber avec la loi (liberticide!) DADVSI. Accepterait on une loi qui permettrait à un constructeur automobile d’obliger ses clients à faire le plein chez un petrolier et pas un autre?

Écrire un commentaire