Cela fait plusieurs mois que je pense à écrire un billet intitulé «La fin des DRM[1]?». J’y pense depuis le mois d’aout 2006, avec les premières interrogations par un responsable du milieu des Majors et des lobbys de la propriété intellectuelle: et si les DRM étaient contre-productifs? Et s’ils ne servaient à rien?
C’est là que débarque Steve Jobs…
Notes
[1] Pour ceux qui ne sont jamais passés sur ce blog et qui ne savent pas de quoi il s’agit: les DRM, dits aussi Mesures techniques de protections, sont des verrous numériques que l’on met par exemple sur les fichiers musicaux ou vidéo afin d’empêcher l’utilisateur de faire ce qu’il veut avec… même s’il a acheté la chanson ou le film en question.
Rétrospective
- Débuts des DRM – été 2005: seuls quelques militants se préoccupent de ces verrous numériques, encore très peu répandus en volume, qui considèrent par défaut que les utilisateurs sont des délinquants, et qui privent l’utilisateur d’une partie de sa liberté d’action.
- Été 2005: début de la mobilisation (les militants ratissent leur cercle d’influence) contre le projet de loi DADVSI, qui grave dans le marbre la protection légale des DRM (en gros: il est interdit de contourner la protection qui vous interdit de contourner la loi).
- Noël 2005: la loi DADVSI est discutée à l’Assemblée Nationale, et les médias se focalisent sur la question de la licence globale. Mais bon, on parle un peu des DRM, à l’occasion.
- Mi-2006: la loi DADVSI est votée puis promulguée, la résistance anti-DRM s’organise, aussi bien en France qu’aux États-Unis ou qu’ailleurs en Europe. Scandale du «rootkit de Sony» aux États-Unis (un DRM est tellement retors qu’il s’apparente à un virus, et qu’il peut causer des dégâts importants…).
- Fin de l’été 2006: quelques voix dans l’industrie de la musique commencent à dire, pas trop fort mais quand même, que les DRM sont sans doute mauvais pour les affaires (ça n’ajoute pas de valeur, et ça emmerde le consommateur…).
- Septembre 2006 – janvier 2007: critiques répétées contre les DRM par des acteurs du marché de la musique. À quelques exceptions près, les patrons des majors gardent la face, mais on sent que ça travaille de l’intérieur. Bien sûr, il y aura toujours des imperturbables, comme par exemple Pascal Nègre (Universal Music France), qui trouve ça tout à fait normal qu’une chanson achetée sur l’iTunes Music Store (Apple) ne puisse être lu qu’avec des logiciels ou du matériel Apple. Mais bon, c’est pas comme si quelqu’un croyait encore à la perspicacité de Pascal Nègre.
- janvier 2007: on répète à l’envi que le numéro deux de la vente de musique numérisée en ligne (certes loin derrière le leader iTunes Music Store), eMusic, vend du MP3 non DRMisé. Que les DRM sont mauvais pour le bizness. Et la FNAC et Virgin de vendre une partie du catalogue sans DRM, pour voir si ça marche vraiment, sans doute.
- 6 février 2007: Steve Jobs signe la fin des DRM pour la musique?
Alors, qu’est-ce qu’il dit le Steve?
Je n’analyse pas en détail cet article de Steve Jobs[1]. Vous trouverez des analyses détaillées sur tous les sites francophones d’ici quelques heures (ou quelques minutes, pour ceux qui ne vont pas comme moi se coucher dès que possible[2]). Et vous pouvez sans doute déjà en trouver dès maintenant, en anglais. Ça va faire du bruit.
En bref, l’ami Jobs dit ceci:
- les DRM, ça ne marche pas pour contrer le piratage, et ça gêne le bizness légal;
- nous chez Apple, on aime pas les DRM… si on en a dans nos produits, c’est juste parce que sinon on ne pouvait pas traiter avec les Majors;
- si les consommateurs ne veulent plus de DRM, il faut convaincre les Majors, pas nous (parce que nous, on aime pas les DRM);
- si les DRM disparaissent, ça sera cool… ça gênera pas notre bizness, et ça dynamisera le marché des services musicaux en ligne.
Hé beh, ça c’est quand même beaucoup plus Waouh!
que la sortie de Windows Vista[3]. Je ne m’attendais pas à une telle sortie de la part d’Apple. C’était bien sûr plus plausible que Pascal Nègre incitant au téléchargement sauvage sur les réseaux peer-to-peer, mais quand même.
À suivre…
Complément à la rétrospective
J’ai eu la flemme de créer des liens dans tous les sens, mais voici une série de signets marqués «endofdrm» (la fin des drm), que j’ai collectés au cours des précédents mois.
Je pourrai peut-être y faire le ménage d’ici quelques mois, si les DRM sur la musique finissent de s’écrouler (ce qui reste à voir…).
Notes
[1] Pour les distraits et les pas technophiles: Steve Jobs est le patron d’Apple, leader du marché de la musique DRMisée avec le couple iTunes Music Store/iPod.
[2] Tenez, voilà déjà celle de Guillaume Champeau sur Ratiatum.
[3] Système d’exploitation infesté de DRM… ce qui est pas très Waouh!
quand même. (Note: je précise que je ne suis pas un utilisateur de Mac.)




Commentaires pour cet article
SolykZ
Le 12 février 2007 à 14h57
Étonnante déclaration venant de la part d’un gars qui veut absolument tout garder secret… Ceci dit, vu l’importance d’iTunes et le nombre de personnes que je croise dans la rue avec un iPod autour du cou, ça pourrait pas mal faire bouger les choses…
Et concernant Vista, euh… Ben t’as totalement raison:D Linux Pawaaaa ^^
Remarque de dernière seconde: Tant qu’on y est, pourquoi pas une version OSx destinée PC?:) (Bah quoi, on peut rêver, non? ^^)
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