J’ai déjà évoqué ici mon inquiétude face au développement d’une société de la surveillance, du fichage et du recoupement des fichiers sur les personnes. J’avoue ne pas être expert du sujet, mais la course actuelle au tout-renseignement sur les personnes (sous couvert de lutte contre le terrorisme ou, plus banalement, contre la délinquance) me terrifie.
Faut-il rappeler pourquoi nous autres Français, occupés, collabos déporteurs, résistants…, nous sommes méfiés des menaces de l’informatique pour la vie privée, la liberté et la sécurité individuelle?
Dès 1978, la France se dotait d’une loi protégeant les citoyens contre un fichage informatique abusif. La Commission nationale informatique et libertés (CNIL), chargée de la faire respecter, a aujourd’hui un pouvoir trop faible: pouvoir consultatif dans bien des cas, et manque flagrant de moyens de fonctionnement… alors que les sujets de préoccupation se multiplient.
Souriez, votre code génétique est fiché
Laurent Burlet nous présente le fichage génétique commencé par la Police depuis 2000.
Au départ, il ne s’agissait que de ficher les délinquants sexuels. A l’arrivée, l’auteur du plus petit larcin peut avoir sa fiche ADN.
Je ne veux pas être inutilement alarmiste, mais je crois qu’il est temps de s’alarmer. Et de se rappeler ce principe:
People willing to trade their freedom for temporary security deserve neither and will lose both [ceux qui sont prêts à échanger leur liberté contre une sécurité temporaire n’en méritent aucune et perdront les deux]
Cette citation et ses diverses variations sont attribuées régulièrement soit à Benjamin Franklin, soit à Thomas Jefferson. Il semblerait, sans que l’on puisse avoir la moindre certitude à ce sujet, qu’elle soit due à Richard Jackson, un diplomate contemporain de Franklin.
La prochaine fois, je vous parle de la RFID sous-cutanée et des passeports biométriques. Histoire de vous remonter le moral.




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