J’avais prévu de ne faire qu’un seul et unique billet au sujet des présidentielles et des candidats à ces élections. Une sorte de parenthèse rapide. Mais voilà un second billet, plus court – un ajout en quelque sorte –, à ce sujet.
Là encore, je ne force personne à lire la suite.
Si vous avez lu mon précédent billet sur les présidentielles, vous savez le peu d’estime que j’ai pour les idées de Nicolas Sarkozy.
Comme indiqué dans les commentaires de ce précédent billet, la découverte de propos tenus par Nicolas Sarkozy dans un entretien paru dans Philosophies Magazine me confirme dans ce point de vue. Je rejoins l’analyse de nombreux observateurs, dont Michel Onfray qui débattait avec lui dans cet entretien: Nicolas Sarkozy est la version française du néoconservatisme.
Les néoconservateurs, ce sont entre autres les fameux «faucons» de l’entourage de George W. Bush. C’est Bush lui-même, embarqué dans un combat simpliste du bien contre le mal. Pour Sarkozy, ce sont les Travailleurs contre les Fainéants. Les gens respectables contre les voyous.
Nicolas Sarkozy ne débutera peut-être pas, à l’instar de George W. Bush, chaque conseil des ministres par une prière[1], mais cela ne signifie pas qu’il gouvernerait sans œillères. Les œillères qui aveuglent Nicolas Sarkozy, c’est la certitude imbécile – ou bien le besoin pathologique de croire à tout prix… – que les individus peuvent être rangées dans des catégories sans équivoque.
Le jeudi 29 mars, voilà ce que rapportait l’agence de presse Reuters:
Pour moi, un voyou c’est un voyou, un braqueur c’est un braqueur, un violeur c’est un violeur, a martelé Nicolas Sarkozy.Ça me fait mal au cœur de voir des candidats à la présidentielle qui trouvent des excuses à ces gens-là, a-t-il ajouté.
Entre trouver des excuses et faire preuve de nuance, il y a tout de même une différence, différence que ne saisit pas – ne veut pas saisir – Nicolas Sarkozy. Les œillères, là encore.
Les phrases et déclarations inquiétantes de Nicolas Sarkozy ne s’arrêtent pas là. Antoine Guiral en relevait quelques unes dans le Libération du 7 avril. Là encore, tout tourne autour du Bien et du Mal. La France est résolument dans le camp du Bien, et ceux qui mettent trop en avant le devoir de mémoire – et une certaine repentance de la nation pour ses crimes ou complicités de crimes passés – participent à la crise morale française
. La France blanche comme neige et les relativistes condamnés comme contribuant à une crise morale
… on est ici très clairement dans le champ des idées d’extrême droite.
Il y a deux choses qui me terrifient. Le fait qu’une probable majorité des Français se sente proche de Nicolas Sarkozy; et le fait que certains lecteurs de ce billet – peut-être des proches – me diront que ces déclarations ne sont pas si importantes, que ce qui compte c’est l’efficacité politique, le «sens des réalités», ce genre de chose.
Notes
[1] Au pays de la laïcité, il est probable que ça ne passerait pas.




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