Fichage génétique: même pour les enfants

Je parle peu d’Internet et de l’industrie culturelle, dernièrement. Il faut dire que malgré les nouvelles et annonces régulières, il ne se passe rien de fondamentalement nouveau sous le soleil.

Ce qui, pour moi, est plus nouveau et hélas plus inquiétant, c’est le développement en Franche[1] d’une société de plus en plus policière. Je vous épargnerai les allusions au 1984 de George Orwell: je ne l’ai pas lu. Par contre, j’ai lu à l’instant ceci:

Deux frères de 8 et 11 ans pourraient se voir prélever leur ADN par la gendarmerie pour avoir volé deux tamagotchi et deux balles rebondissantes dans un hypermarché du Nord, raconte Le Parisien, samedi 5 mai. Les échantillons seraient conservés dans le fichier national automatisé des empreintes génétiques (Fnaeg).

Et ceci:

Depuis la loi Sarkozy sur la sécurité intérieure de 2003, une centaine de délits obligent à se soumettre au prélèvement génétique. Limitée, à l’origine, aux infractions sexuelles, la législation concerne aujourd’hui les meurtres et les cambriolages, les vols simples, les tags ou les dégradations. Le prélèvement s’applique aux personnes condamnées mais aussi aux simples suspects.

L’article est publié sur LeMonde.fr. Je vous invite à le lire: c’est diablement instructif.

Ajout du 9 mai: les deux enfants en question ne seront finalement pas génétiquement fichés. Reste que, depuis la loi de sécurité intérieure de 2003, dite loi Sarkozy II, le fichage ADN a été élargi à la plupart des délits, alors que jusque là il était réservé aux crimes sexuels, aux crimes de sang et à la lutte contre le terrorisme; tandis que rien ne réserve ce fichage aux adultes.

Libération en parle.

Notes

[1] Mais pas que.

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