Voilà une tendance forte ces derniers mois: alors que les maisons de disque sont en perte de vitesse, les artistes à succès font bouger les lignes… souvent en jouant cavalier seul.
Depuis des années, les artistes qui contestaient la stratégie de l’industrie musicale et notamment des Majors étaient des artistes indépendants, voire des amateurs et «Pro-Ams»[1]. Le choix de la musique libre en est un exemple parfois radical. On notera tout de même que quelques artistes plutôt médiatiques avaient déjà fait entendre leur voix, voir par exemple cet article publié en 2000: Courtney Love dœs the math (Salon.com).
Récemment, on a pu entendre Trent Reznor (leader de Nine Inch Nails) appeler ses fans à voler ses CDs, et plus largement prend ses distances avec Universal en prenant le chemin de l’autodistribution. Radiohead ne fait pas autre chose en quittant EMI et un se lançant dans la distribution en ligne de son nouvel album (tout en négociant une distribution plus classique pour début 2008). On notera de plus une inflexion significative sur la question du prix de la musique: trop cher pour Trent Reznor qui annonce le téléchargement de ses futurs albums à quatre dollars, et pas assez souple pour Radiohead qui propose le téléchargement à prix libre!
Autre inflexion: l’intérêt porté aux concerts, qui semblent plus rémunérateurs que les albums, au moins pour certains artistes. Madonna passe ainsi d’une major du disque (Warner) à une major de l’organisation de concerts (Live Nation, filiale de la multinationale — et pas à proprement parler militante de la diversité culturelle — Clear Channel).
Bref, ça bouge. Reste à voir si ces coups individuels se généraliseront, et quel en sera l’impact pour les artistes, le public, et les différents intermédiaires.
PS: merci à Ratiatum pour la veille sur l’évolution du marché de la musique.
Notes
[1] Pour une définition de ce concept anglo-saxon, voir: Wikipedia EN – Profesionnal amateurs.




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