Parlez-vous le journaliste? Les journalistes, parmi d’autres, ont ceci de fabuleux qu’ils aiment utiliser des phrases incompréhensibles pour dire des choses simples.
Ces derniers jours, la phrase journalistique qui me fait tiquer c’est «leur pronostic vital n’est plus engagé», qui signifie que des personnes, gravement blessées ou malades, devraient s’en sortir vivantes, si ce n’est entières.
Pourquoi parler de «pronostic vital engagé» (ou non), c’est d’la merde?
Déjà parce que les trois-quarts de vos lecteurs ou auditeurs ne sauront pas de quoi vous parlez. Moi-même je butte toujours sur cette expression, que je dois décortiquer pendant quelques secondes avant de comprendre le sens de la phrase. Et comme je fais plutôt partie des Français qui ont un vocabulaire riche et une bonne maitrise de la langue, c’est mauvais signe pour vous si vous vous adressez à un large public.
Ensuite (et surtout!) parce qu’on peut dire la même chose avec le même nombre de mots, mais de manière plus claire et sans avoir l’air de donner une conférence: «Leurs jours ne sont plus en danger.» D’accord, c’est une métaphore, mais je pense qu’elle est plus facilement compréhensible que le coup du pronostic vital.
Il y a sans doute plus simple et évident encore. Je n’ai pas d’autre proposition en tête pour l’instant — comme quoi, l’évidence ça se travaille! — mais n’hésitez pas à proposer une phrase plus simple encore.




Commentaires pour cet article
Corinne
Le 2 septembre 2008 à 13h36
Le “pronostic vital” fait partie de ces expressions employées régulièrement dans ce genre de situation. Personnellement, elle ne me dérange pas plus que ça, j’y suis habituée.
“Leurs jours ne sont plus en danger” est une tournure légèrement différente qui m’apparaît un peu plus plate (mais les goûts et les couleurs…).
Je suppose simplement que le milieu journalistique aime se gargariser avec des tournures de phrases recherchées et un vocabulaire soutenu.
Florent V.
Le 3 septembre 2008 à 0h45
On peut rajouter les métaphores éculées (condamnées à raison par Orwell dans son article sur la politique et la langue anglaise), avec notamment le grand classique des vacances: Bison Futé voit rouge pour la journée de samedi… M’énerve, celui-là.
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