J’étais il y a peu invité par la Charte des auteurs et illustrateurs jeunesse à parler de dématérialisation des œuvres de l’esprit, de transition numérique, etc.
Mon intention première était de parler du modèle de la musique libre et de «culture libre» en général, mais j’ai rapidement pris le parti de parler des défis qui attendaient le monde de l’édition avec l’avènement du livre électronique, et de ne mentionner que brièvement la culture libre. Face à des personnes pas toujours au fait des comportements dans l’environnement numérique, je pense que c’était un bon choix.
Dans vingt ans, nous ne lirons probablement plus sur des formats «papier» que de manière occasionnelle. La consommation régulière d’écrits se fera alors sur des supports électroniques: appareils hybrides (téléphone/ordinateur/livre) ou appareils dédiés. Difficile de prédire quels supports et quels usages s’installeront durablement, mais les choses sont amenées à changer et le livre me semble appelé à prendre son envol numérique comme avant lui la musique ou la vidéo.
Sans être un grand expert du sujet, j’ai tâché de démontrer pourquoi une telle évolution est probable. La présentation que j’ai faite est accessible en ligne.
Je n’en dis pas plus ici. Si possible, je prendrai un peu de temps dans les prochains jours pour développer certains points de la présentation. Mais si le sujet vous intéresse, n’hésitez pas à parcourir la présentation et à m’interpeller dans les commentaires sur tel ou tel aspect.




Commentaires pour cet article
M. Rippert
Le 23 septembre 2008 à 4h13
Pour avoir participé à cette journée, je viens vous (re)dire ici combien votre présentation était passionnante et bien renseignée. Je vous en remercie. Bravo!
M Griboval
Le 15 octobre 2008 à 23h37
Bonjour , je voudrais rappelé quand même , que l’ensemble de la population ne dispose ou ne disposeras pas toujours d’un ordinateur , ou telephone ou .. , et d’une connexion a l’internet .
Le ‘papier’(et similaires) permet au moins 2 choses ,
un : de fournir une informations au démunis d’outils onéreux ,
et de deux : de survivre au temps qui passe bien plus longtemps que nos supports informatiques , (si les égyptiens nous avaient laissés des galettes en plastiques …) .
Certes nos disques dur et nos galettes de ‘plastiques’ survivent plus longtemps qu’un polaroid … et sont facilement ‘copiable’, ‘jetable’ et ‘deletable’ . L’intérêt passé , les chances de survie d’une œuvre basé sur l’échange ‘informatique’ périclite rapidement.
Dans 20 ans , quel avenir pour nos ‘nouveaux savoir’ ?
Quelle empreinte culturel laisseront nous derriere nous ? Quelle population sera laisser pour compte ?
Peut-etre faut-il sensibiliser les différents ‘acteurs’ sur des aspects autre que économique( diffusion discount , rapide et en masse ).
Une diffusion possible auprès de tous et une version physique devraient-elles être imposées ou sanctionnées par des lois ?
Florent V.
Le 17 octobre 2008 à 0h36
Il est certain que tous les Français ne disposent pas d’un ordinateur, d’un smartphone, ou autre appareil connecté du genre. Cela rejoint le vaste sujet de la fracture numérique. Il reste que la très grande majorité des jeunes générations est connectée et utilise soit un ordinateur, soit un téléphone récent, soit une console de jeux connectée à Internet… et, souvent, tout cela à la fois. Donc je ne me fais pas trop de soucis pour l’apparition et la généralisation des usages du «papier numérique». La question de la fracture numérique restera, mais je pense qu’on pourra y répondre plus efficacement à l’avenir si le prix des terminaux (livres électroniques notamment) et de la connectivité diminuent; si ça ne coute plus 600 euros par an d’équiper et connecter un foyer, on pourra envisager plus facilement des aides publiques, par exemple. Ou bien les écoliers seront équipés par l’école, du moment que les terminaux sont suffisamment bon marché. Mais c’est un sujet qui me dépasse.
Par contre, je n’ai pas de réserves sur la pérennité perdue des œuvres non imprimées. Je pense qu’on surestime beaucoup la pérennité du papier, et je pense notamment à sa pérennité «sociale». Si aujourd’hui on lit encore Boris Vian ou Eugène Ionesco — et je prends à dessein comme exemple des auteurs du siècle dernier —, ce n’est que très rarement dans les éditions d’époque, mais plutôt dans des rééditions modernes. Si l’imprimerie a consacré la pérennité des œuvres, c’est surtout grâce au jeu de l’attention du public et des réimpressions. Le numérique ne devrait pas excessivement changer cette donne.
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