Twitter, l’anti-réseau social

J’ai peu parlé sur ce blog des sites que l’on regroupe sous l’appellation «réseaux sociaux». La raison en est simple: jusqu’ici, les MySpace, Facebook, et compagnie ne m’ont jamais vraiment intéressé. Jusqu’à Twitter. Mais s’agit-il vraiment d’un réseau social?

Qu’est-ce qu’un réseau social?

Le concept de réseau social nous vient, on peut s’en douter, de la sociologie. Un réseau social est un ensemble de personnes ou d’organisations entre lesquelles il existe des liens qui résultent des interactions sociales. Je dis cela en paraphrasant Wikipédia, sans trop être sûr de cette définition. ;)

La difficulté de saisir cette définition vient sans doute du fait qu’elle est très large. Si on la mets de côté pour s’interroger sur nos propres réseaux d’amis, réseaux professionnels, etc., cela devient tout de suite plus concret. On peut par exemple construire des graphes qui représentent les différentes personnes que l’on connait, avec des liens qui indiquent qui connait qui, qui apprécie ou n’apprécie pas qui, etc. Et paf, on a modélisé un réseau social.

Tout cela pour dire que les réseaux sociaux c’est avant tout un concept et des mécanismes pour penser et représenter les relations humaines que nous avons déjà «dans la vraie vie», comme on dit.

Que viennent donc faire les sites web deux point zéro dans l’affaire?

Eh bien, nombre d’entre eux ont pour ambition de vous aider:

  1. soit à créer un nouveau réseau social (d’amis, de contacts professionnels, de fans…);
  2. soit à entretenir des réseaux existant.

Les deuxièmes sont, à mes yeux, les plus pertinents. Personnellement, je n’ai pas vraiment envie de les utiliser: soit parce que je n’ai pas la nostalgie des copineries d’avant, soit parce que j’ai testé et qu’il y avait beaucoup plus de bruit que de contacts réels. Mais, sur le principe, cette idée de faciliter les contacts qui se sont noués ailleurs me semble pertinente.

Dans la «vraie vie» (et j’y inclus les activités sur le Web), les réseaux se créent en fonction des proximités géographiques (sauf pour le Web), des centres d’intérêts, des contextes, des affinités. On aurait tort de chercher à recréer tout cela de toutes pièces. Toi, le mec que je ne connais ni d’Ève ni d’Adam, tu veux être mon ami? Fort bien. Alors je t’ajoute à la liste de mes contacts autorisés sur le site Bidule, liste que le site Bidule appelle poétiquement liste de mes amis. Et après? Après rien, ou pas grand chose.

Anti-réseau social

Depuis quelques mois, j’utilise beaucoup Twitter. C’est un peu l’opposé de Facebook: minimaliste, pas d’applications idiotes ou de messages d’alerte reçus par e-mail pour rien du tout. Le principe: lancer des messages de 140 caractères ou moins, qui pourront être suivis par toutes les personnes qui suivent vos messages, soit sur twitter.com, soit via un des multiples logiciels disponibles et qui s’intègrent à votre navigateur, votre système d’exploitation, votre logiciel de messagerie instantanée, votre téléphone mobile, etc. Bref, pour les gens un peu technophiles Twitter se fond dans le décor.

Envoyer des messages, pourquoi? Eh bien, pour peu que votre «réseau» utilise Twitter, vous pouvez échanger des impressions, des tuyaux, des humeurs, demander des coups de main, etc. En résumé, c’est une conversation de groupe, étalée dans le temps. Quelque chose à mi-chemin du forum et de la messagerie instantanée.

La force de Twitter, c’est qu’il renforce la relation avec mes réseaux existants, ou du moins avec l’un d’entre eux: celui des professionnels du Web, parmi lesquels de nombreux amis, collaborateurs, ou simplement des personnes que je connais peu mais avec qui je peux à l’occasion échanger des informations et des points de vue.

Twitter s’efface donc et ne se présente pas comme le lieu où créer de nouveaux réseaux (forcément éphémères), comme peuvent le faire à l’occasion MySpace ou Facebook. L’existence (et l’utilisation par de nombreux logiciels) d’une API complète permet de ne pas devoir repasser par le site. Reste un problème: quid de la portabilité des données, et de la décentralisation des échanges?

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Commentaires pour cet article

Igor
Le 10 novembre 2008 à 16h48

Hello,

Une analyse dans laquelle je me reconnais bien :-)

“Reste un problème: quid de la portabilité des données, et de la décentralisation des échanges?”

Peut-être en recentrant ses propres traces tout en les republiant sur Twitter ou idendi.ca ou autres services grâce à des outils comme SMOB: http://smob.sioc-project.org/

katsoura
Le 11 novembre 2008 à 16h49

C’est amusant, moi c’est l’inverse. J’ai (finalement) un compte sur Facebook et je l’utilise régulièrement. Ca me permet de suivre mes connaissances dans ce qu’ils veulent bien partager. Par contre Twitter je ne vois vraiment pas l’utilité.

David
Le 13 novembre 2008 à 9h35

140 caractères :)

http://geekandpoke.typepad.com/geekandpoke/2008/06/minigeek—-ed9.html

Après facebook a fait une vraie interface pour l’iphone : pas moche et ergonomique avec beaucoup moins de fioritures (pas de pubs?, pas de jeux/quizz-àlacon) juste un peu plus qu’un twitter.

Et sinon http://www.mixin.com ?

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