Sommaire

  1. Introduction
  2. Mes liens sont-ils corrects?
  3. Mes liens sont-ils clairs?
  4. Petite classification des liens en fonction de leur facilité de compréhension
  5. Faut-il faire des liens parfaitement explicites?
  6. Conclusion

Introduction

Les liens hypertexte sont des éléments constitutifs du Web. Une des premières choses que vous avez faite en utilisant pour la première fois de votre vie un navigateur web, c’est cliquer sur un lien.

Ces liens sont pour nous des choses tellement naturelles, tellement évidentes, que nous ne nous posons aucune question à leur sujet. Après tout, c’est la base du Web, c’est simple à utiliser, qu’en dire d’autre?

On pourrait dire ceci: les liens hypertexte sont des outils importants. Si vous écrivez sur le Web, de nombreuses personnes seront amenées à cliquer sur les liens que vous avez rédigés. Et même si vous écrivez sur un blog confidentiel ou sur un forum de copains, cela fait tout de même quelques utilisateurs susceptibles d’utiliser ces liens. Mais voilà, vos liens sont-ils réellement utilisables?

Techniquement, ils le sont sans doute. Il suffit de cliquer sur le lien pour s’en assurer. Tiens, puisqu’on en parle, est-ce que vous vérifiez vos liens?

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Mes liens sont-ils corrects?

Ça a l’air tout bête, mais on publie souvent un message ou un article sans se relire, et en particulier sans vérifier que les liens sont corrects.

Pour commencer, il y a tous les liens mal formés. Vous avez peut-être créé votre message directement en HTML, ou dans un forum avec des balises BBcode [1], ou avec un éditeur visuel «comme dans Word». Et, bien entendu, vous avez pu faire des erreurs de manipulation. Du coup, certains de vos liens ne marcheront peut-être pas. Une seule solution: se relire !

Mais même si on n’a pas fait d’erreur de manipulation visible, on a pu en faire des invisibles! En effet, un des meilleurs moyens de rendre un lien inutilisable, c’est de se tromper d’URL (adresse web). Il n’est pas rare que l’on fournisse une URL erronée, ou pointant vers la mauvaise page.

Par exemple, si vous utilisez le copier-coller pour créer vos liens, il suffit d’une mauvaise manipulation pour copier deux fois la même URL alors que l’on voulait faire deux liens différents.

Par exemple, je fais un lien vers Openweb, et un lien vers Alsacréations.

Oups, le deuxième lien est incorrect. J’espère que je n’ai pas publié mon article tel quel, ou au moins que je l’ai relu immédiatement pour vérifier mes liens et débusquer mes erreurs!

Un bon moyen de vérifier que les liens sont corrects, c’est d’enregistrer votre message ou article, ou de le prévisualiser, et de suivre les liens un par un. Si vous utilisez un navigateur web qui propose des onglets permettant de charger plusieurs pages en parallèle, vous gagnerez du temps.

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Mes liens sont-ils clairs ?

Bien entendu, je suis persuadé que vous n’avez pas attendu de lire cet article pour vous demander «mes liens marchent-ils correctement?». Je ne vous apprends probablement rien avec ce petit rappel.

Voici donc une question un peu plus ardue, et à laquelle vous n’avez peut-être jamais réfléchi : «mes liens sont-ils clairs et facilement compréhensibles?»

La manière dont vous rédigez vos liens influe directement sur la qualité de votre message ou article. Si vos liens sont incompréhensibles, votre message sera, en partie, moins utile, ou plus difficile à comprendre.

Mais qu’est-ce qu’un lien clair? Tout simplement, c’est un lien qui répond à la question «où est-ce que j’atterris si je clique sur ce lien?»

Comme tout utilisateur du Web, il vous est probablement déjà arrivé de vous demander où allait un lien, ou encore de cliquer sur un lien et d’arriver sur une page n’ayant aucun rapport avec ce que vous aviez imaginé.

Sachez que les personnes qui seront amenées à vous lire n’ont aucun don particulier leur permettant de deviner où un lien les mènera. C’est donc à vous de les guider. Et pour cela, la meilleure chose à faire est de rédiger des liens clairs, voire explicites.

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Petite classification des liens en fonction de leur facilité de compréhension

Note: afin de ne pas placer des liens inutiles dans cet exemple et les suivants, les liens seront simulés par du texte souligné. Le texte souligné correspond au texte directement perceptible par l’utilisateur, c’est à dire à l’intitulé du lien.

Le lien incompréhensible

Le lien incompréhensible se présente souvent sous la forme suivante: «ici». Ou encore : «cliquez ici», «En savoir plus…», etc. On a aussi la variante pléonastique : «lien».

Le lien incompréhensible est parfois lâché seul dans la nature. Par exemple, sur un forum, un membre crée un message qui dit quelque chose comme «Wah c’est énorme…», et puis, à la ligne, vous gratifie d’un «lien». Le lien mène peut-être à une vidéo, à un jeu en ligne, à un article discutant d’une directive européenne… vous n’en savez rien.

En dehors de ce type de cas extrême, le lien incompréhensible est souvent entouré de texte destiné à le rendre compréhensible, justement. Ce qui peut donner quelque chose comme :

Wah, c’est énorme! Ce jeu est génial. Pour jouer aussi, cliquez ici.

Un autre exemple, assez classique :

Pour vous inscrire, suivez ce lien.

C’est déjà mieux, mais ce type de lien reste problématique, à plusieurs égards:

  • comme on fait un lien sur un ou deux mots, le lien se remarque peu;
  • la zone pour cliquer est de taille réduite, ce qui n’est pas très pratique si l’on n’a pas bien l’habitude de la souris, ou si l’on utilise un pavé tactile sur un portable;
  • si on lit le texte en diagonale, par exemple en parcourant les liens du regard, on lit «ici» ou «cliquez là»… pas le meilleur moyen de retenir l’attention!
  • si on réutilise plusieurs fois le même intitulé (par exemple: «cliquez ici») sur une page, on risque de désorienter le visiteur, vu que les liens auront le même intitulé mais que chaque lien mènera à un document différent;
  • un utilisateur de lecteur d’écran, s’il navigue de lien en lien, ne saura pas à quoi correspond le lien.

Bref, faire reposer la signification du lien sur le contexte (c’est à dire sur le texte qui entoure le lien, et notamment celui qui le précède), c’est moins pire, mais ça n’est pas très efficace.

Si vous êtes un rédacteur professionnel et souhaitez perdre des lecteurs, n’oubliez pas de multiplier ce type de liens!

Le lien brut (URL)

Celui-ci est un classique des forums. Pour gagner du temps, on n’utilise pas le balisage du forum pour créer un lien en bonne et due forme, mais on colle directement l’URL de destination dans le message. À charge pour le forum de transformer ça automatiquement en lien cliquable (ce que la plupart des forums font).

Et encore, si ça ne concernait que les forums ! Mais on retrouve souvent des URL brutes, parfois même pas cliquables, dans des articles de journaux en ligne, ou sur des sites publics, et bien entendu également sur les blogs et ailleurs.

Le problème, c’est que l’URL donne rarement une idée précise du type de contenu que l’on peut attendre. Là encore, il faudra se reposer sur le contexte pour savoir où mène le lien, avec tous les problèmes soulevés ci-dessus.

Sauf très ponctuellement et pour des raisons très définies (par exemple : un besoin de communiquer sur un nom de domaine précis, pour que les lecteurs le retiennent), on évitera les liens dont l’intitulé est l’URL elle-même.

Le lien sibyllin, imprécis ou vaguement compréhensible

Nous venons de voir des liens dont l’intitulé (c’est à dire le texte cliquable) est incompréhensible. Plus sournois encore, voici le lien dont l’intitulé a un vague rapport avec la destination du lien !

Cette espèce-là est grandement appréciée des blogueurs, qui trouvent peut-être plus drôle de faire des liens «suggestifs» plutôt que des liens explicites. Ce qui peut nous donner par exemple :

Tout ceci me rappelle des histoires de canard.

Ici, nous sommes en présence d’un lien complètement sibyllin. Soit c’est une blague de potes (que vous ne comprenez pas), soit ça peut être un lien vers le texte intégral du ”Vilain petit canard”, ou un lien vers un article sur la reproduction des canards, ou un lien vers l’historique d’un journal, ou rien de tout cela. La destination du lien a sans doute un rapport avec « histoires de canard », mais ce rapport peut être métaphorique ou au premier degré, important ou lointain… et vous n’avez aucun moyen de le savoir avant de vous rendre sur la page en question.

Un autre exemple fictif (mais alors là totalement fictif):

En d’autres temps, nous aurions savouré des crêpes au sucre. Mais avec les ans on perd sans doute le gout des plaisirs simples et hauts en calories.

Ces deux phrases, que l’on pourrait voir apparaitre sur un blog, contiennent quatre liens. Aucun n’est explicite. Ils mènent sans doute vers d’autres billets du blog, vers les pages d’accueil d’autres blogs, vers des billets sur d’autres blogs, vers des articles sur des journaux en ligne, vers des recettes de cuisine… enfin bref, ils mènent probablement quelque part, mais nous n’avons aucun moyen efficace de savoir où.

Au mieux, nous disposons d’une petite béquille: la barre d’état du navigateur. Certains navigateurs ont, en bas de la fenêtre de visualisation, une petite barre qui affiche des informations sur la page en cours. En survolant un lien ou en navigant de lien en lien avec le clavier, on voit apparaitre dans cette zone l’URL du lien sélectionné ou survolé. C’est parfois pratique, mais au mieux c’est un pis-aller; l’URL n’est pas toujours une bonne description de la page correspondante, et ne sera de toute façon pas visible par nombre d’utilisateurs (parce qu’ils utilisent un matériel ou des logiciels spécifiques, parce qu’ils ont masqué cette barre qui leur semblait inutile, ou tout simplement parce qu’ils ne connaissent pas ce «truc»).

Et surtout: pourquoi est-ce au lecteur de faire cet effort? Est-ce que les choses ne seraient pas plus simples si l’auteur du contenu avait fait quelques efforts de rédaction? Et pour les sites professionnels: est-ce que ça ne permettrait pas de proposer un contenu de meilleure qualité, de convaincre des visiteurs de revenir, etc.?

Le lien explicite

Pour faire un lien explicite, pas de secret: il faut que l’intitulé du lien (c’est à dire le texte perceptible par l’utilisateur comme étant un lien) donne une idée suffisamment claire de la destination du lien.

Qu’est-ce qu’un intitulé «suffisamment clair»? Nous n’en donnerons pas de définition précise. Cela dépendra du contexte, et de votre propre jugement.

Par exemple, «Pour vous inscrire à notre service, cliquez ici» peut avantageusement être remplacé par un «S’inscrire à notre service».

De même, «tout ceci me rappelle des histoires de canard» pourrait devenir «tout ceci me rappelle des histoires de canard (voir l’article de Laurent: Le sens du canard)», ou encore «cela me fait penser à l’article de Laurent sur le futur de HTML et la métaphore du canard» (la seconde solution est plus explicite, mais ça fait un intitulé de lien qui commence à être plutôt long).

Ces deux exemples n’étaient pas trop difficiles. Mais pour l’exemple donné ci-dessus où deux phrases courtes contiennent quatre liens, les choses seront moins évidentes. Pour être plus explicite, il nous faudra sans doute alourdir considérablement la construction, ou bien rejeter les liens dans une seconde partie, à la suite de ces deux phrases. Pour le coup, j’avoue ne pas avoir la moindre idée de la forme que ça pourrait prendre pour cet exemple précis (mais peut-être l’exemple était-il trop fictif et mal construit?).

Quoi qu’il en soit, le principal obstacle que l’on rencontre lorsque l’on veut rédiger des liens explicites, c’est celui de l’intégration du lien dans la phrase à laquelle il se rapporte. Parfois, être explicite demande de rajouter un certain nombre d’informations. On pourra rajouter des parenthèses pour insérer ces informations (voire le lien lui-même) dans la phrase, ou bien rédiger une deuxième phrase pour y placer le lien.

Voici un exemple avec un lien peu explicite :

Dans la série américaine Rome, Octave est représenté comme un être froid et calculateur.

On aurait pu écrire ceci :

Dans la série américaine Rome, Octave (voir l’article de Wikipédia sur Caius Octavius, dit Auguste) est représenté comme un être froid et calculateur.

Ici, la parenthèse ne plombe pas excessivement la phrase. Dans d’autres cas, il sera sans doute préférable d’écrire une phrase séparée pour présenter le lien.

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Faut-il faire des liens parfaitement explicites?

La réponse est simple: ça dépend.

Tout d’abord, il me semble que l’on peut proscrire les liens complètement incompréhensibles. À ce niveau, c’est une faute, et un manque flagrant de soin apporté à la rédaction. De même, on évitera autant que possible les liens génériques (du type «cliquez ici») dont le sens dépend uniquement du contexte. Donner un minimum d’information dans l’intitulé du lien sera toujours préférable.

Nous avons donc des liens dont l’intitulé contient au moins une information (au moins un mot), information ayant un rapport plus ou moins direct avec la page de destination. À partir de là, et en fonction d’un certain nombre de données, nous pouvons choisir quel type de lien rédiger.

Le contexte: quel type de document?

Il va sans dire, mais ça va mieux en le disant, que tous les écrits sur le Web n’ont pas les mêmes objectifs, les mêmes motivations. Un message sur un forum ne demandera sans doute pas autant de soin qu’un article en ligne ou qu’une information sur un site institutionnel.

Avez-vous déjà lu un article sur le thème «Écrire pour le Web»? On peut généralement y lire: «Faites des phrases courtes (sujet - verbe - complément). Pas plus d’une idée par phrase. Utilisez un vocabulaire simple. Faites court.». Eh bien, vous savez quoi? Écrire pour le Web, ça n’est pas ça. Écrire pour le Web, c’est comme écrire pour l’imprimé: ça dépend de ce qu’on écrit, de pour qui on l’écrit, etc. [3]

Pour les intitulés des liens hypertexte, c’est la même chose: ça dépend du type de document, du site concerné, de ses objectifs, etc.

Voici un petit panorama non exhaustif:

  • Pour un forum, le soin apporté à la rédaction des liens peut être assez faible. On y recherchera sans doute une certaine rapidité, justifiée par le nombre relativement faible de lecteurs pour un message donné. Un compromis intéressant sera peut-être de poster l’URL complète directement, introduite par une petite phrase descriptive.

  • Pour un article sur un site éditorial, il peut être utile de préciser si on fait un lien vers un article sur le même site (surtout si le lien est dans le corps de l’article et pas dans une rubrique «Articles sur ce thème»), ou vers un document externe.

    De plus, on apportera un soin tout particulier aux liens internes: après tout, on souhaite que le lecteur lise plusieurs articles sur le site (surtout si le site est financé par la publicité), non? Alors autant annoncer la couleur et faire des liens suffisamment précis.

  • Pour un argumentaire commercial sur le site d’une entreprise ou pour un lien sur une boutique en ligne… certains prétendront sans doute que des liens peu précis mais accrocheurs font vendre, mais permettez-moi d’en douter. On gagnera à rédiger des liens accrocheurs et précis.  

  • Pour un article ou une information sur un site public, on veillera à être aussi clair que possible.

    Par ailleurs, les sites des services de l’État, des collectivités publiques et des établissements publics doivent répondre à des normes d’accessibilité, et notamment au Référentiel général d’accessibilité pour les administrations (RGAA), dont la version définitive sera publiée en septembre 2007.

    Voir en particulier: RGAA - Point de contrôle: 13.1 Identifier la destination des liens: «La lecture de l’intitulé d’un lien doit permettre d’identifier la destination pointée ou de comprendre l’action déclenchée.»

  • Pour un texte littéraire ou avec une composante littéraire, un lien hypertexte peut être utilisé de manière non purement informative, ce qui justifiera sans doute des libertés prises avec la clarté des intitulés des liens.

    Par exemple, on joue souvent en littérature hypertextuelle [4] sur des intitulés sibyllins, voire «mensongers».

    Ceci dit, ce n’est pas parce qu’on rédige un texte dans un style littéraire que l’on doit se sentir obligé de faire des liens sibyllins. C’est à l’auteur de faire ses choix, et de sélectionner les contraintes qu’il veut respecter, celles dont il veut s’affranchir, ou celles qu’il veut s’imposer.

Les possibilités: jouer sur le degré de précision

Un intitulé de lien n’est pas soit complètement incompréhensible ou ambigu, soit parfaitement explicite. Il existe des degrés divers, dont on pourra jouer pour bien intégrer les liens hypertexte au texte lui-même. Reprenons notre dernier exemple :

Octave (voir l’article de Wikipédia sur Caius Octavius, dit Auguste) est représenté comme un être froid et calculateur.

Nous avons d’autres solutions que d’écrire un laconique «Octave» comme intitulé de lien. Par exemple:

  1. Octave est représenté comme un être froid et calculateur (voir aussi sur Wikipédia: Caius Octavius, dit Auguste).

  2. Octave (cf. Wikipédia: Auguste) est représenté comme un être froid et calculateur.

  3. Octave (Caius Octavius, dit Auguste) est représenté comme un être froid et calculateur.

  4. Octave (Auguste) est représenté comme un être froid et calculateur.

  5. Octave (Auguste) est représenté comme un être froid et calculateur.

Dans chacun de ces exemples, nous perdons une ou plusieurs informations sur la cible du lien, et notamment: qu’il s’agit d’un article, et que cet article est sur Wikipédia. Mais ces formulations ont l’avantage d’être plus courtes.

Peut-être certaines de ces formulations, quand bien même elles suppriment des informations par rapport à notre exemple «idéal», vous semblent-elles plus intéressantes que notre premier essai (explicite mais long et cassant en partie le rythme de la phrase). Pour ma part, il me semble que les deux premières sont suffisamment claires, tandis que la troisième est un compromis intéressant entre concision et précision. Les deux dernières, par contre, sont moins convaincantes.

Faire le tri entre les informations

Décrire convenablement la destination d’un lien est un exercice difficile. L’excès d’information peut donner des intitulés de lien longs et impossibles à insérer convenablement dans un texte.

Pour notre dernier exemple, on aurait pu préciser que Wikipédia est une encyclopédie, voire même un projet encyclopédique participatif… car pour beaucoup de visiteurs, «encyclopédie» est plus parlant que «Wikipédia» [5]. Cependant, cela nous aurait donné quelque chose comme ceci:

Octave (voir l’article de l’encyclopédie participative Wikipédia sur Caius Octavius, dit Auguste) est représenté comme un être froid et calculateur.

Le résultat est sensiblement plus lourd que les précédentes versions que nous avions proposées. On optera donc probablement pour quelque chose d’un peu moins explicite, mais de plus fluide.

Cet exemple montre bien à quel point il est vain de tenter de rédiger des liens parfaitement explicites. On se contentera de rédiger des liens suffisamment explicites, le «suffisamment» étant à votre appréciation.

Ceci dit, certaines informations sont particulièrement importantes. Pensez par exemple que vos lecteurs s’attendent, en cliquant sur un lien, à déboucher sur une page web. Si vous faites un lien vers un fichier PDF, vous avez donc tout intérêt à prévenir le lecteur! Et tant qu’à faire, pensez aux utilisateurs en bas débit, et précisez le poids du document. Si le document doit prendre une demi-heure pour se charger, mieux vaut être averti à l’avance.

Quelques exemples de liens vers des documents non HTML:

  1. Retrouvez en ligne notre communiqué de presse du 15 septembre 2006 (PDF, 300 Ko).

  2. Nous vous proposons de télécharger la vidéo de notre dernière Journée Solidaire (MOV, 40 Mo)

Ces deux exemples répondent d’ailleurs à deux bonnes pratiques définies par le projet Opquast pour la qualité des sites web :

On notera que Opquast préconise d’indiquer le format de fichier ou son poids, je cite, «à proximité de chaque lien». Dans l’exemple ci-dessus, l’information est donnée directement dans le lien. À vous de voir si elle est facilement intégrable au lien, ou s’il vaut mieux la rejeter dans le contexte du lien.

Et puisque nous parlons d’Opquast, profitons-en pour citer la bonne pratique n°167:

Le libellé des hyperliens est représentatif de leur cible et décrit la nature du contenu vers lequel il pointe.

Objectif: permet à tous les utilisateurs d’identifier la cible des liens quel que soit le contexte de navigation.

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Conclusion

Les liens hypertexte sont souvent les grands oubliés dans le soin apporté à la rédaction sur le Web. Le plus souvent, on les place sans réfléchir sur un mot ou un groupe de mots déjà présents dans le texte. Un peu comme une deuxième couche de peinture.

Il est pourtant important d’y prêter attention. Mon lien est-il compréhensible — ou partiellement compréhensible — hors contexte? Et même en lisant toute la phrase ou le paragraphe qui porte le lien, est-ce que cela suffit?

Comme nous l’avons dit un peu plus haut, il n’y a pas de règle absolue à édicter. Cependant, je suis convaincu que l’on gagne souvent à être plus précis que nous ne serions tentés de l’être. Contrairement au rédacteur qui rédige un message, un texte court ou un article, le lecteur ne sait pas à l’avance où mènent les liens. Gardons cela à l’esprit.

Que vous soyez face à des enjeux commerciaux, institutionnels, de communication ou d’accessibilité (voire plusieurs ou même tous à la fois!), vous avez probablement intérêt à prêter attention à vos liens hypertexte. Et si vous écrivez juste pour le plaisir, par exemple sur un blog, pensez malgré tout à vos lecteur. ;)

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Informations

Article de Florent Verschelde
Publié le 7 juin 2007

Cet article est distribué sous une licence Creative Commons Paternité - Partage des Conditions Initiales à l’Identique 2.0 France (CC by-sa).


Notes

  1. Les balises BBcode sont des petits codes qui permettent d’utiliser des fonctions HTML sans connaitre ce langage. Par exemple, il suffit de marquer [b]du texte[/b] pour obtenir un texte en gras. Ou encore on peut écrire [url=http://www.example.com]intitulé de mon lien[/url] pour créer un lien hypertexte.

  2. Ce que proposent tous les navigateurs web récents: Firefox, Internet Explorer 7, Opera, Safari, Konqueror, etc.

  3. Je ne nie pas qu’il puisse y avoir des contraintes, ou plutôt des points d’inflexion, qui seraient caractéristiques du Web. Ils ne permettent cependant pas d’édicter des règles générales vides de sens.

  4. Littérature hypertextuelle: genre littéraire qui utilise le lien hypertexte comme élément d’organisation non linéaire des fragments de texte.

  5. Quelque part, et malgré toute l’estime que j’ai pour ce projet libre, c’est plutôt rassurant.